PRÉSENTATION

Le Réseau Catalogne pour la libération des prisonniers politiques catalans, regroupe un ensemble d’entités démocratiques de la région toulousaine. Il s’est constitué sur la proposition du Comité de Soutien à la Catalogne, collectif de citoyens de Toulouse et sa région.

Il est né de l’indignation provoquée par le déni de démocratie que constitue la judiciarisation d’un problème politique. Sa manifestation la plus grave est l’emprisonnement préventif de 9 représentants politiques et associatifs catalans, en Espagne, depuis maintenant respectivement 491 jours, 474 jours, 364 jours au moment où ces lignes sont écrites.

Leur procès s’est ouvert le 12/02/19 à Madrid, les 9 prisonniers sont accusés de rébellion et malversation et encourent jusqu’à 25 ans de prison. La poursuite concerne aussi 3 autres personnes inculpées pour désobéissance grave et malversation.

De plus l’article 125 de la Constitution espagnole permet à toute personne physique ou morale, association ou parti politique d’intervenir au nom de la société civile, ce qui permet au parti d’extrême droite VOX d’être partie dans cette affaire. Aux délits reprochés par l’avocat de l’Etat et le Procureur, ils ajoutent l’organisation criminelle et demandent des peines de 55 ans de prison. 

Tous sont accusés pour avoir permis que se réalise, ou pour avoir participé à la réalisation d’un référendum d’autodétermination en Catalogne, le 1 octobre 2017. La décision du référendum faisait suite à de longues années de déni de dialogue par le pouvoir central sur des demandes du gouvernement et du Parlement catalan, en particulier sur le nouveau statut d’autonomie. Ce statut qui avait été approuvé par les plus hautes instances catalanes et espagnoles en 2006 n’a cessé d’être remis en cause par le PP, Partido Popular, depuis 2010, le vidant de sa substance et provocant une crise sans précédent.

Le pouvoir central a également interdit la consultation référendaire. Mais, qu’ils aient été pour ou contre l’indépendance, 80 % des citoyens catalans voulaient voter pour légitimer l’une ou l’autre des options. La tenue de cette consultation faisait partie du mandat pour lequel avaient été élus leurs représentants aujourd’hui emprisonnés. Ceux-ci sont donc en détention préventive depuis plus d’un an pour certains, pour avoir permis que les citoyens puissent s’exprimer sur la question de l’autodétermination.

La participation au vote a constitué un acte de désobéissance civile collective et massive : 2,5 millions de catalans (sur 5,5 millions d’inscrits) sont allés mettre un bulletin dans l’urne, dans un contexte de grande tension avec le pouvoir central, qui avait envoyé des milliers de gardes civils.

Au dire même des observateurs internationaux, cette consultation s’est faite non seulement dans la transparence et les règles démocratiques partout en vigueur, mais aussi dans le plus grand pacifisme et dans un civisme exemplaire. La seule violence exercée a été celle de la police espagnole qui, comme l’ont montré les images qui ont fait le tour du monde, a matraqué et blessé plus de 800 personnes.

Nous voulons par ce blog informer en particulier la société française sur le procès et son contexte, afin de dénoncer l’aberration qu’il représente et donner à voir la réalité de son déroulement, dans un contexte de silence ou de désinformation des médias. Il faut également souligner que l’indépendance des tribunaux de haute instance espagnols peut être fortement mise en doute, notamment par le système de nomination de ses magistrats dont beaucoup sont affiliés au PP, qui avait au premier chef été l’instigateur de la répression en Catalogne, et dont la dynamique de corruption est connue.

Le réseau Catalogne est coordonné par le Comité de Soutien à la Catalogne, et par la Ligue des Droits de l’Homme, et compte parmi ses membres, outre ces deux organisations : l’Université Populaire de Toulouse, Amies du Monde Diplomatique, EELV Les Verts, le PCF, le NPA, le Parti Occitan et EnsembleL