Rassemblement pour la liberté des prisonniers politiques catalanes

Tous les vendredis à 19h à la place du Capitol de Toulouse a lieu le rassemblement pour la liberté des prisonniers politiques catalanes. Le rassemblement est une initiative individuelle de Marie Lefevre-Fonosolla qui, depuis le 23 Février 2018, dénonce les atteintes aux droits civils et politiques lors de l’emprisonnement des représentants indépendantistes. Nombreux citoyens anonymes rejoignent cette rassemblement chaque vendredi. 

Affiche du 59ème rassemblement.

Quelques mots de Marie

C’est une décision que j’ai prise seule le matin même du 16 février. Je ne voulais pas rester les bras croisés alors que les 2 Jordis, Quim Forn et Oriol Junqueras étaient en prison préventive depuis des mois. Je voulais informer, agir ! J’ai essayé de contacter des collègues que je savais sensibilisés à la question mais ils n’étaient pas disponibles; je suis partie seule avec ma pancarte jaune. Ma fille est passée et a pris la 1er photo. Le lendemain j’ai  préparé la 2eme pancarte et commencé à envoyer des mails au Casal Catala, au CDR, chez les occitans, à ma famille aussi.

La semaine suivante, le 23 février 2018,  nous étions une quinzaine,  le 30 mars une quarantaine. L’objectif de ce rassemblement est purement humanitaire et civique, je pensais que Toulouse, la ville des Républicains de la Retirada allait se mobiliser en solidarité avec les prisonniers.

Mais non, la question des Droits civils et humains, celle du Droit démocratique à l’auto-détermination, sont totalement éclipsés par la méfiance, voire le rejet de l’indépendantisme catalan. Lorsque vous êtes Place du Capitole, les gens qui s’arrêtent vous parlent en premier de la Catalogne. La plupart vous disent: « c’est triste pour ces gens MAIS je ne suis pas pour l’indépendance ». Dans notre groupe de fidèles, il y a des personnes de tous les horizons politiques et sociaux, de tous les ages, beaucoup n’ont aucun lien avec la Catalogne, certains ne sont pas pour l’indépendance. C’est un groupe transverse, apolitique et informel.

Mais tous, nous constatons dans les échanges du vendredi soir, qu’il y a une sous-estimation de l’injustice de ces emprisonnements (ce sont des gens pacifiques qui ont voulu mettre en œuvre leur mandat électoral), un manque de lucidité face au risque que ces longs emprisonnements préventifs font courir à la démocratie, en plein cœur de l’Europe, et un vrai escamotage du problème humain, car ce sont des gens simples et ils risquent jusqu’à 20 ans de prison !

Pour avoir voulu un vote, pour avoir organisé des manifestations, pour penser autrement !

Aujourd’hui, nous sommes une petite centaine mais nous continuons avec obstination; nous avons remplacé le nombre par la ténacité, par la durée de la veille.

Marie Lefèvre-Fonollosa

Toulouse, le 7 mars 2018

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